
Une exposition n’est pas un alignement de panneaux sur des grilles caddies. C’est un récit dans l’espace. Apprenez à maîtriser le volume, la lumière et le parcours visiteur pour sublimer vos collections.
Public concerné
Personnel ou bénévoles des bibliothèques
Prérequis
Aucun prérequis
Apport théorique, exercices pratiques avec mise en situation, échange et débat avec le formateur ou la formatrice
On y trouve des expositions pleines de bonnes intentions mais illisibles. Pourquoi ? Parce qu’on confond exposer et informer. Le défaut classique est de vouloir tout dire. On imprime des kilomètres de texte en police 12, on sature l’espace d’images sans hiérarchie, et on utilise un éclairage néon blafard qui tue l’ambiance. Résultat : l’usager jette un coup d’œil distrait, ne lit rien (car c’est trop long et qu’il est debout), et l’exposition devient un simple papier peint décoratif.
L’erreur est de penser l’exposition comme un document plat. Or, une exposition est une expérience en 3D. Elle doit gérer des flux, créer des arrêts, susciter de l’émotion par la mise en scène. Sans scénographie, même le sujet le plus passionnant devient ennuyeux. La bibliothèque doit emprunter au musée ses codes de valorisation pour crédibiliser son action culturelle.
Chez ACANT, nous vous apprenons à devenir des architectes de l’éphémère, capables de monter un projet de A à Z.
Analyser (Le Synopsis et le Public) : Avant de planter un clou, il faut écrire l’histoire. Analyser, c’est définir l’angle. Quelle est l’idée forte ? À qui parle-t-on ? (Enfants ? Experts ? Grand public ?). Nous vous aidons à rédiger un « chemin de fer » de l’exposition, en sélectionnant drastiquement les œuvres. Le renoncement est la clé : montrer moins pour montrer mieux.
Expérimenter (La Scénographie Système D) : Pas besoin d’un budget pharaonique. Nous expérimentons l’ingéniosité. Comment utiliser des boîtes en carton peintes pour faire des socles ? Comment détourner du mobilier de bibliothèque pour créer des vitrines ? Comment éclairer une œuvre avec des lampes de bureau ? Nous vous donnons les techniques des scénographes pour créer des ambiances immersives avec peu de moyens.
Pérenniser (La Conservation et l’Itinérance) : Exposer des livres précieux ou des photos demande de la rigueur. Pérenniser, c’est protéger. Nous abordons les normes de conservation (pas plus de 50 lux pour le papier, attention aux UV). Nous vous apprenons aussi à concevoir l’exposition pour qu’elle soit démontable et prêtable à d’autres structures (itinérance), rentabilisant ainsi votre travail.
La théorie de l’art ne suffit pas, il faut mettre les mains dans la colle et le cartel. Notre pédagogie 60 % pratique / 40 % théorie est un atelier de fabrication :
Atelier « Maquette en volume » : Vous réaliserez la maquette de votre future exposition à l’échelle 1/20ème (avec du carton plume). C’est l’outil indispensable pour vérifier la circulation des visiteurs et l’équilibre des masses avant le montage réel.
Le Challenge « Rédaction de Cartel » : Écrire pour un visiteur debout est un art. Vous apprendrez à rédiger des cartels de 300 signes maximum, percutants et accessibles. Titre, chapeau, info clé. Fini le jargon universitaire, place au storytelling.
Mise en lumière : Vous manipulerez des sources lumineuses pour comprendre l’impact d’un éclairage rasant (pour le relief) ou zénithal. Vous verrez comment un simple spot peut transformer un objet banal en trésor.
Les formateurs ACANT sur ce module sont des scénographes d’exposition, des régisseurs d’œuvres d’art ou des commissaires d’exposition indépendants.
Leur posture est celle du chef de chantier créatif :
Débrouillards : Ils sont les rois du « MacGyverisme ». Ils connaissent les matériaux pas chers qui font de l’effet (Tyvek, Forex, Cartron).
Rigoureux : Ils ne plaisantent pas avec la sécurité des œuvres et du public (normes feu, stabilité des cimaises). Ils vous éviteront la catastrophe du panneau qui tombe sur un enfant.
Médiateurs : Ils pensent toujours au visiteur. Est-ce que c’est à la bonne hauteur pour un enfant ? Est-ce que la police est lisible pour un senior ? Ils intègrent l’accessibilité dès la conception.
Louer (via BDP ou éditeurs) est facile et rapide, mais souvent impersonnel (panneaux plats). Créer permet de valoriser VOTRE fonds local et de fédérer l’équipe, mais demande du temps (6 mois à 1 an). La méthode ACANT préconise l’hybridation : louer une structure légère et l’enrichir avec vos propres collections (livres, objets) et une scénographie maison pour lui donner une âme.
Le papier est fragile. Il ne faut jamais exposer un livre ouvert plus de 3 mois (fatigue de la reliure, jaunissement). Nous vous apprenons à utiliser des lutrins (supports), des serpentes (rubans) pour maintenir les pages sans casser le dos, et à gérer la rotation des pages. Attention aux photocopieuses : la lumière intense abîme les originaux, préférez les fac-similés pour les documents très rares.
L’exposition seule ne suffit pas. Il faut « événementialiser ». Le vernissage est crucial (invitation élus, presse). Mais surtout, l’exposition doit être le décor d’une programmation vivante : lectures au milieu des œuvres, ateliers pour enfants, visites guidées flash. L’exposition doit être habitée par la médiation humaine.
On peut faire des miracles avec 500 € de matériel (peinture, impression, petit matériel), à condition d’avoir des cimaises ou des grilles déjà disponibles. Ce qui coûte cher, c’est l’impression grand format et le mobilier sur mesure. La formation vous apprend à investir dans du matériel réutilisable (cadres standards, vitrines modulables) pour amortir les coûts sur plusieurs années.