Il y a une phrase qui terrorise n’importe quel cadre en costume lors d’un atelier : « Maintenant, nous allons faire un jeu de rôle. »
Immédiatement, les yeux se lèvent au ciel. On pense « théâtre amateur », « gêne », « perte de temps ». On pense que c’est un exercice de soft skills pour apprendre à dire bonjour.
Grave erreur.
Dans le Design Thinking, le Jeu de Rôle n’est pas une animation ludique. C’est un outil de prototypage brutalement efficace. C’est la différence entre un architecte qui regarde un plan et un architecte qui marche sur le chantier
.
Chez ACANT, nous considérons le jeu de rôle comme un « crash-test émotionnel ». Voici comment l’utiliser pour sauver vos projets, selon la méthode Analyser, Expérimenter, Pérenniser.
Pourquoi 70% des lancements de produits échouent ? Parce qu’ils ont été conçus dans des salles de réunion climatisées, par des gens qui sont tous d’accord entre eux.
Sur votre PowerPoint, le « Parcours Client » est une ligne droite parfaite. Dans la vraie vie, le client est pressé, il a oublié son mot de passe, il pleut, et son enfant pleure.
Le problème de l’analyse classique, c’est qu’elle est intellectuelle. Vous pensez savoir ce que le client va faire. Le Jeu de Rôle intervient pour briser cette hallucination collective. Il permet de passer de la théorie (la carte) à la réalité rugueuse (le territoire). Tant que vous n’avez pas vécu la frustration de votre propre service, vous ne pouvez pas l’améliorer.
Oubliez l’Actor’s Studio. On ne vous demande pas de bien jouer. On vous demande de vivre la situation.
Dans la phase de test du Design Thinking, nous utilisons une technique appelée le Bodystorming (la tempête corporelle). Au lieu de coller des Post-it, vous jouez la scène.
C’est là que la magie opère. En jouant, vous allez dire : « Attends, là, c’est bizarre, je ne sais pas où regarder », ou « Ça me stresse d’attendre ici ». Vous venez de trouver un point de friction invisible sur papier. Vous venez d’économiser 50 000 € de développement d’une fonctionnalité inutile.
Le jeu de rôle est un révélateur. Mais pour qu’il devienne un levier de performance (Pérenniser), il ne doit pas rester un simple souvenir amusant de séminaire.
L’innovation, c’est comme le théâtre : ça ne se lit pas, ça se joue. Ne laissez pas votre public (vos clients) essuyer les plâtres le soir de la Première.
Qu’est-ce que le jeu de rôle dans le Design Thinking ? C’est une méthode de prototypage utilisée lors des phases de test. Elle consiste à simuler physiquement l’interaction entre un utilisateur et un produit ou service. L’objectif est de vivre l’expérience (Bodystorming) pour identifier les points de friction émotionnels et pratiques avant le développement final.
Pourquoi utiliser le jeu de rôle pour innover ? Il permet de développer une empathie radicale avec l’utilisateur. Contrairement aux tests statiques, le jeu de rôle révèle les aspects non-verbaux, les contraintes spatiales et les réactions émotionnelles spontanées. Il permet d’itérer très rapidement et à moindre coût sur des scénarios complexes.
Comment réussir une séance de Bodystorming ? Il faut créer un environnement de confiance (pas de jugement sur le jeu d’acteur), utiliser des accessoires simples pour simuler l’environnement (prototypage basse fidélité) et assigner des rôles clairs (utilisateurs, système, observateurs). L’important n’est pas la performance théâtrale, mais la découverte des problèmes d’usage.
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