
Le livre n’est pas un médicament chimique, mais c’est un remède puissant. Cessez de voir vos collections comme de simples objets culturels : apprenez à prescrire des histoires pour apaiser, relier et offrir un refuge mental à vos usagers.
Public concerné
Bénévoles et personnel des bibliothèques
Prérequis
Aucun prérequis
Apport théorique, exercices pratiques avec mise en situation, échange et débat avec le formateur ou la formatrice
Soyons francs : le terme « bibliothérapie » effraie autant qu’il fascine. Beaucoup de professionnels des bibliothèques se braquent légitimement : « Je suis bibliothécaire, pas psychologue ! ». Cette réaction de défense vient d’une confusion. On imagine la bibliothérapie comme une séance clinique où l’on doit soigner une dépression avec un roman. C’est une erreur.
Le danger est double. Soit le professionnel s’interdit d’utiliser la puissance émotionnelle du livre par peur de mal faire (et reste sur du conseil technique froid), soit, pire, il s’aventure dans une posture de soignant sans en avoir les outils, risquant de fragiliser un usager vulnérable. Pourtant, la bibliothèque est déjà un lieu de soin. L’usager qui vient chercher un livre sur le deuil, ou l’ado qui cherche un roman miroir pour comprendre son identité, pratiquent l’auto-bibliothérapie. Refuser de se former, c’est laisser l’usager seul face à ses émotions, alors que le livre est le meilleur tiers médiateur possible.
Chez ACANT, nous abordons la bibliothérapie non comme une médecine, mais comme une médiation sensible. Nous posons un cadre sécurisant pour le professionnel et pour l’usager :
Analyser (Les mécanismes de la résonance) : Pourquoi ça marche ? Avant de conseiller, il faut comprendre. Analyser, c’est décortiquer les mécanismes psychologiques de la lecture : l’identification (je suis le héros), la catharsis (je vis l’émotion par procuration) et la distanciation (ce n’est pas ma vie, c’est une histoire). Nous vous apprenons à repérer dans un texte les « leviers thérapeutiques » (une métaphore apaisante, une résolution de conflit) plutôt que la simple qualité stylistique.
Expérimenter (La « Pharmacie » littéraire) : Nous constituons ensemble votre trousse de secours. Quels textes pour apaiser ? Quels textes pour donner de l’énergie ? Nous expérimentons la lecture à voix haute comme un enveloppement sonore. Nous testons des dispositifs concrets : l’atelier de lecture partagée, la sieste littéraire, ou la consultation individuelle de conseil de lecture (sur rendez-vous).
Pérenniser (Le Cadre éthique) : C’est le pilier de notre méthode. Pérenniser, c’est savoir où s’arrête votre rôle. Nous définissons la frontière claire entre le bien-être (votre mission) et la thérapie (la mission des médecins). Nous vous donnons les clés pour orienter un usager en souffrance vers des partenaires de santé, tout en restant un lieu ressource culturel.
La bibliothérapie ne s’apprend pas dans les livres, mais dans la rencontre. Notre pédagogie 60 % pratique / 40 % théorie vise à affiner votre sensibilité :
Atelier « Prescription littéraire » : Vous recevrez des études de cas (ex : « Une femme vient de perdre son emploi et cherche de l’espoir »). Vous devrez puiser dans vos collections pour proposer une « ordonnance littéraire » argumentée. Non pas le livre que vous aimez, mais celui dont elle a besoin.
Le Cercle de ressenti : Nous lisons un texte court et puissant. Puis, nous échangeons non pas sur l’auteur ou le style (analyse critique), mais sur ce que le texte a provoqué en nous (analyse émotionnelle). C’est un changement de posture radical pour un bibliothécaire habitué à la critique littéraire.
Mise en voix : Lire pour soigner, c’est poser sa voix. Nous travaillons le rythme, le silence et l’intention pour que votre lecture devienne une bulle de sécurité pour l’auditeur.
Les formateurs ACANT sur ce module sont des profils doubles : bibliothécaires-art-thérapeutes, psychologues cliniciens amoureux des livres ou consultants-auteurs experts en bibliothérapie créative.
Leur posture est celle du compagnon de route :
Déculpabilisants : Ils vous libèrent du poids de la « guérison ». Votre but n’est pas de sauver l’usager, mais de lui ouvrir une fenêtre. C’est déjà énorme.
Pratiques : Ils vous apportent des listes de titres éprouvés (les « valeurs sûres » de la bibliothérapie) pour commencer sans risque.
Vigilants : Ils vous apprennent à gérer les « abréactions » (quand un texte déclenche des pleurs ou de la colère). Ils vous donnent les outils pour accueillir cette émotion sans être submergé.
Non, si l’on reste dans le cadre de la « bibliothérapie créative » ou du « développement personnel ». Le bibliothécaire est un expert du contenu (le livre) et de l’accueil. La formation ACANT vous donne les bases de l’écoute active et de la posture relationnelle nécessaires pour mener ces ateliers sans empiéter sur le terrain médical. Nous parlons de « lecture-soin » (Care), pas de psychiatrie.
C’est le cliché à éviter. La bibliothérapie ne consiste pas à donner un livre « rose bonbon » à quelqu’un de triste. Parfois, lire un roman sombre ou tragique permet d’extérioriser sa propre douleur (catharsis). La méthode ACANT vous apprend à manier toute la palette des émotions littéraires, du rire aux larmes, car le bien-être passe souvent par la traversée des émotions difficiles, pas par leur déni.
Absolument. C’est même l’un des publics cibles. Dans ce cas, on passe par la lecture à voix haute (c’est le bibliothécaire qui lit) ou par l’image (albums sans texte, livres d’art). L’effet thérapeutique vient de l’histoire et du partage, pas de l’acte technique de déchiffrage. C’est un outil d’inclusion formidable pour les personnes âgées, les publics DYS ou en situation de handicap mental.
Le risque principal est l’effondrement émotionnel de l’usager si le texte touche un traumatisme (Trigger). La formation insiste sur la phase de préparation : comment choisir des textes « ouverts » qui laissent de l’espace, et comment clore une séance pour que chacun reparte apaisé et non bouleversé. Nous vous apprenons à construire ce « sas de décompression » indispensable.
1 ou 2 jours
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