La désinformation ne se combat pas en assénant « la Vérité », mais en enseignant la méthode. le numérique a rendus les gens plus vulnérables à l’émotion. Votre mission est de ralentir le temps de cerveau disponible pour réactiver l’esprit critique.
Public concerné
Bénévoles et personnel des bibliothèques
Prérequis
Aucun prérequis
Formation éligible aux financements OPCO (Qualiopi).
Apport théorique, exercices pratiques avec mise en situation, échange et débat avec les formateur.trices
Posséder un smartphone ne signifie pas savoir s’informer. Beaucoup d’usagers, des ados aux seniors, naviguent dans une bulle de filtres où l’algorithme ne leur montre que ce qu’ils ont envie de croire. Face à une information virale jouant sur la peur ou la colère, le cerveau reptilien prend le dessus sur la raison. Le bibliothécaire se retrouve souvent démuni face à un usager qui affirme que « la Terre est plate » ou que « ce vaccin est une puce 5G », brandissant une vidéo YouTube comme preuve irréfutable.
L’erreur est la posture moralisatrice. Dire à quelqu’un « C’est faux, tu t’es fait avoir » braque l’interlocuteur et renforce sa croyance (effet boomerang). La bibliothèque ne doit pas être le tribunal du vrai, mais le laboratoire du doute méthodique. Si vous n’expliquez pas comment l’information est fabriquée et manipulée, vous ne pourrez pas lutter contre la viralité.
Chez ACANT, nous abordons les Fake News non pas comme un problème technique, mais comme un problème cognitif.
Analyser (Les Biais Cognitifs) : Pourquoi partageons-nous des fausses nouvelles ? Parce qu’elles nous confortent dans nos opinions. Analyser, c’est comprendre le biais de confirmation. Nous vous apprenons à décrypter pourquoi une info fausse circule 6 fois plus vite qu’une vraie (l’émotion vs la raison). Comprendre le cerveau de l’usager est la première étape pour désamorcer le conflit.
Expérimenter (La Boîte à Outils du Fact-Checker) : Nous ne restons pas dans la théorie. Nous expérimentons les outils des journalistes. La recherche inversée d’image (TinEye, Google Lens) pour voir si une photo est détournée, la lecture latérale (ouvrir d’autres onglets pour vérifier la source), et l’analyse des métadonnées. L’objectif est de transformer l’usager passif en enquêteur numérique.
Pérenniser (L’Immunité Collective) : Une formation one-shot ne suffit pas. Pérenniser, c’est intégrer l’EMI (Éducation aux Médias et à l’Information) dans toutes les activités de la bibliothèque. Comment glisser une astuce de vérification lors d’une recherche documentaire ? Comment créer une signalétique qui incite à vérifier la source ? Nous construisons une posture de vigilance permanente.
Pour comprendre la manipulation, le mieux est de devenir manipulateur le temps d’un atelier. Notre pédagogie 60 % pratique / 40 % théorie utilise le jeu de rôle :
Atelier « Fabrique ta Fake News » : Au lieu de chasser le faux, vous allez le créer. Par groupes, vous devrez inventer une théorie du complot crédible ou une fausse information locale, en utilisant les codes visuels du web (titre putaclic, photo détournée, faux expert). C’est en démontant le moteur qu’on comprend la mécanique.
Le Challenge « Deepfake ou Réalité ? » : Nous projetons des vidéos de personnalités politiques. À vous de deviner : est-ce la vraie personne ou une IA ? Vous apprendrez à repérer les indices visuels (clignement des yeux, synchronisation des lèvres) qui trahissent la falsification.
Investigation en temps réel : On vous donne une image virale qui a circulé sur Twitter. Vous avez 10 minutes, avec les outils du web, pour remonter à la source originale et prouver le détournement. C’est l’exercice roi de la vérification.
Les formateurs ACANT sur ce module sont des journalistes fact-checkers, des membres d’associations d’éducation aux médias ou des psychologues sociaux.
Leur posture est celle du méthodologue :
Neutres : Ils ne sont pas là pour faire de la politique. Ils vous apprennent à vérifier une info, qu’elle vienne de droite, de gauche ou d’ailleurs. La méthode est la même pour tous.
Techniques : Ils maîtrisent les outils numériques d’investigation (OSINT – Open Source Intelligence) et vous montrent qu’ils sont accessibles à tous gratuitement.
Pédagogues : Ils savent comment parler aux complotistes sans rompre le dialogue. Ils privilégient la question ouverte (« D’où tiens-tu cette info ? ») à l’affirmation fermée.
C’est une erreur fréquente. Les études montrent que les plus de 65 ans partagent jusqu’à 7 fois plus de fake news que les jeunes (par confiance excessive ou manque de codes numériques). Il est crucial de proposer des ateliers « Info et Intox » pour les seniors, ou des formats intergénérationnels où les jeunes (qui connaissent les codes visuels) aident les aînés, et les aînés (qui ont la culture historique) aident les jeunes.
Ne cherchez pas à le convaincre par des preuves logiques sur le moment (c’est inutile face à une croyance ancrée). Adoptez une posture d’écoute active mais critique : « C’est intéressant, quelle est ta source ? ». Si le ton monte, rappelez le cadre de respect du lieu. L’objectif n’est pas de gagner le débat, mais de semer une graine de doute pour plus tard.
La formation vous initie à une suite d’outils gratuits : TinEye ou Google Images (pour les photos), InVID (pour les vidéos), Decodex (pour la fiabilité des sites), et les sites de fact-checking reconnus (AFP Factuel, Les Décodeurs). L’outil le plus puissant reste cependant le cerveau : apprendre à s’arrêter 30 secondes avant de partager.
C’est le risque si vous retirez des livres controversés. La méthode ACANT prône l’ajout plutôt que le retrait. Ne censurez pas, mais contextualisez. Proposez des ouvrages qui déconstruisent les mythes à côté des ouvrages polémiques. Organisez des débats contradictoires. La bibliothèque est le lieu de la confrontation des idées, tant qu’elles respectent la loi.
2 jours (possibilité 1 jour)
Toutes nos formations Art Thinking et Ingénierie Culturelle sont disponibles en présentiel ou distanciel pour nos partenaires francophones (Suisse, Belgique, Luxembourg, Maroc ….).
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