
Le Facile à Lire n’est pas une lecture au rabais, c’est une lecture tremplin. Offrez-leur un espace digne, identifié et attractif pour qu’ils osent rouvrir un livre sans honte.
Public concerné
Bénévoles et personnel des bibliothèques
Prérequis
Aucun prérequis
Apport théorique, exercices pratiques avec mise en situation, échange et débat avec les formateur.trices
La réalité du terrain est souvent invisible pour ceux qui maîtrisent les codes : pour 7 % de la population adulte (illettrisme) et pour de nombreux allophones, la bibliothèque est un lieu intimidant, voire hostile. L’alignement de milliers de livres sur la tranche (le « dos ») constitue une muraille infranchissable. La complexité du classement et la densité des textes renvoient ces usagers à leur propre échec scolaire ou social. Le réflexe maladroit du bibliothécaire est parfois de les orienter vers le rayon Jeunesse. C’est une erreur psychologique majeure : proposer un livre pour enfants à un adulte en difficulté de lecture est vécu comme une humiliation infantilisante.
Sans une démarche « Facile à Lire » structurée, ces publics restent invisibles ou fuient. La bibliothèque rate alors sa mission première d’émancipation et d’accessibilité universelle.
Chez ACANT, nous déployons la méthodologie officielle soutenue par le Ministère de la Culture et les agences régionales du livre, adaptée à votre contexte.
Analyser (Les Publics Cibles) : Le FAL ne s’adresse pas qu’aux personnes en situation d’illettrisme. Analyser, c’est élargir le spectre. Publics FLE (apprenants le français), personnes âgées fatiguées, personnes avec troubles cognitifs, ou simplement lecteurs « empêchés » temporairement (burn-out). Nous vous aidons à identifier ces groupes sur votre territoire pour calibrer votre offre.
Expérimenter (L’Espace FAL identifié) : Le FAL est d’abord un concept spatial et visuel. Nous expérimentons l’implantation. Un mobilier spécifique (bacs, présentoirs), un logo visible (le fameux logo bleu ailé), et surtout une règle d’or : le Facing. Les livres doivent être présentés de face, couverture visible, jamais serrés. L’esthétique du rayon doit être soignée pour valoriser l’usager : « C’est beau, donc c’est pour moi ».
Pérenniser (La Médiation Partenariale) : Un fonds FAL ne vit pas tout seul. Si vous attendez que le public vienne, vous échouerez. Pérenniser, c’est sortir les livres. Aller voir le centre social, l’association d’alphabétisation, l’EHPAD. C’est construire des passerelles humaines pour accompagner physiquement ces nouveaux lecteurs vers ce fonds dédié.
Sélectionner un livre FAL est un exercice subtil. Ce n’est pas juste un livre court. Notre pédagogie 60 % pratique / 40 % théorie vous forme à ce discernement :
Le « Triage » FAL : On verse sur la table 50 livres (romans, docs, BD, albums). Vous devez les trier : FAL ou pas FAL ? Vous apprendrez à juger selon les critères stricts : mise en page aérée, chapitres courts, vocabulaire accessible mais non simpliste, récit chronologique, illustrations adultes.
Atelier « Pitch déculpabilisant » : Comment présenter ce fonds à un usager sans le stigmatiser ? Interdit de dire « C’est pour les gens qui ont du mal ». Vous travaillerez les éléments de langage positifs : « Ce sont des livres rapides à lire », « Des coups de cœur visuels », « Des lectures détente ».
Design de l’espace : Sur plan ou in situ, vous imaginerez l’implantation du fonds. Où le placer ? Près de l’entrée (trop exposé aux regards) ? Au fond (trop caché) ? Vous chercherez l’emplacement stratégique qui garantit intimité et accessibilité.
Les formateurs ACANT sur ce module sont des bibliothécaires ayant labellisé des espaces FAL ou des formateurs en lutte contre l’illettrisme (partenaires ANLCI).
Leur posture est celle du médiateur inclusif :
Empathiques : Ils vous sensibilisent à la psychologie du non-lecteur. La honte, la stratégie d’évitement, la peur du jugement.
Pragmatiques : Ils connaissent les bibliographies de référence (Bibliobyl, listes des prix FAL). Ils vous éviteront d’acheter des collections inadaptées.
Esthètes : Ils insistent sur la qualité matérielle du livre. Un livre FAL doit être un bel objet. Ils vous pousseront à désherber impitoyablement les livres jaunis ou abîmés de ce rayon.
Surtout pas au début. Le principe du FAL est l’identification immédiate. Si le livre est noyé dans le rayon général, la personne en difficulté ne le trouvera pas. Il faut créer un « espace dédié » (un meuble, une tour, un îlot) clairement balisé avec le logo. Une fois la confiance acquise, l’usager ira peut-être voir ailleurs, mais le FAL est son port d’attache sécurisant.
Tout ! De la cuisine, du bricolage, des biographies, des romans courts, des livres de photos, des bandes dessinées sans texte. La diversité est clé. Attention : les livres « Large Vision » (Gros Caractères) ne sont pas automatiquement du FAL (souvent trop longs et denses). Le critère n°1 est l’accessibilité cognitive et visuelle combinée.
Le logo officiel (l’oiseau bleu/lettre F) appartient à l’État. Son usage est soumis à une charte et souvent à une convention avec les structures régionales du livre ou le Ministère. La formation vous explique les démarches pour obtenir le droit d’utiliser ce logo, véritable repère national pour les usagers.
Le coût principal est le mobilier (bacs à albums, présentoirs de face) car on ne peut pas utiliser des rayonnages classiques. Pour les livres, beaucoup sont déjà dans vos fonds sans être identifiés (beaux livres, docs courts). Il s’agit souvent de regrouper et de racheter quelques titres spécifiques. C’est un projet souvent éligible aux subventions (CNL, DRAC) car il touche à l’inclusion sociale.