La participation ne se résume pas à une boîte à idées poussiéreuse. Cessez de faire semblant d’écouter : osez le lâcher-prise et donnez le pouvoir d’agir à vos usagers pour transformer votre bibliothèque en bien commun.
Public concerné
Personnel ou bénévoles des bibliothèques.
Prérequis
Aucun prérequis
JOUR 1 : FONDEMENTS ET STRATÉGIES DES DÉMARCHES PARTICIPATIVES
9h00 – 9h20 : Accueil et introduction
9h20 – 10h30 : La bibliothèque troisième lieu et les nouvelles attentes des usagers
10h30 – 11h45 : Comprendre les fondements de la participation citoyenne
13h15 – 14h45 : Élaborer une stratégie participative adaptée à sa structure
14h45 – 16h15 : Communiquer et mobiliser autour d’une démarche participative
16h15 – 16h30 : Bilan de la journée et introduction au jour 2
JOUR 2 : MÉTHODES ET MISE EN ŒUVRE DES DISPOSITIFS PARTICIPATIFS
9h00 – 9h15 : Accueil et rappel des points clés du jour 1
9h15 – 10h30 : Panorama des méthodes et outils de la participation
10h30 – 11h45 : Concevoir et animer un atelier participatif
13h15 – 14h45 : De l’idée à l’action : gérer les résultats d’une démarche participative
14h45 – 16h15 : Évaluer et faire évoluer sa démarche participative
16h15 – 17h : Bilan et conclusion
Formation éligible aux financements OPCO (Qualiopi).
Apport théorique, exercices pratiques avec mise en situation, échange et débat avec le formateur ou de la formatrice.
Soyons francs : le mot « participatif » est devenu un buzzword vidé de son sens. Beaucoup de bibliothèques pensent être participatives parce qu’elles font remplir un questionnaire de satisfaction une fois par an ou parce qu’elles permettent aux usagers de suggérer un achat. C’est de la consultation, pas de la participation. Le problème ? Les usagers ne sont pas dupes. Ils sentent quand leur avis est sollicité pour la forme, sans impact réel sur la décision finale. C’est ce qu’on appelle le « participation-washing » (l’illusion de la démocratie).
L’erreur fondamentale des professionnels est la peur de la perte de contrôle. « Si on les laisse décider, ils vont repeindre les murs en rose fluo ou n’acheter que des mangas ». Cette posture défensive bloque toute innovation. En refusant de partager le pouvoir (le décider ensemble), la bibliothèque reste un service pour le public, au lieu de devenir un service avec et par le public. Elle se prive ainsi de l’énergie, des compétences et de la créativité de sa communauté.
Chez ACANT, nous abordons la participation comme un changement de gouvernance. C’est un processus exigeant qui demande de la méthode pour ne pas virer à l’anarchie.
Analyser (L’Échelle de la participation) : Où en êtes-vous vraiment ? Nous utilisons l’échelle d’Arnstein pour poser un diagnostic honnête. Êtes-vous au stade de l’information (1), de la consultation (2) ou de la co-décision (3) ? Analyser, c’est aussi identifier les « super-usagers » potentiels : ces habitants engagés qui sont prêts à donner du temps, non pas pour consommer, mais pour construire.
Expérimenter (Le Laboratoire d’idées) : On ne décrète pas la participation, on la prototype. Nous expérimentons des dispositifs concrets à petite échelle. Un comité d’acquisition participatif pour les jeux vidéo ? Une grainothèque gérée par les habitants ? Un chantier de réaménagement du mobilier ? Nous testons les règles du jeu : jusqu’où va la liberté de l’usager ? Où s’arrête la responsabilité du bibliothécaire ?
Pérenniser (La Communauté engagée) : L’euphorie du début retombe vite. Pérenniser, c’est structurer l’engagement. Comment remercier et valoriser les bénévoles ou les participants ? Comment intégrer ces processus dans l’organigramme officiel pour qu’ils ne dépendent pas de la bonne volonté d’un seul agent ? Nous construisons avec vous les garde-fous juridiques et humains d’une gouvernance ouverte durable.
Vous ne pouvez pas apprendre à collaborer en restant passif. Notre pédagogie 60 % pratique / 40 % théorie utilise les outils de l’intelligence collective :
Atelier Design Thinking : Vous partirez d’un problème réel (ex : « Les ados ne viennent pas ») et vous co-construirez la solution en appliquant les phases : Empathie, Définition, Idéation, Prototype. Vous vivrez de l’intérieur la puissance du groupe.
Le World Café : Nous simulons un grand débat citoyen. Vous apprendrez à faciliter les échanges, à faire tourner la parole et à synthétiser des idées foisonnantes (récolte graphique) sans trahir la parole des participants.
Création d’un « Kit de participation » : Vous concevrez les outils concrets pour votre structure : charte du bénévole, urne de vote budgétaire, mur d’expression libre. Vous repartez avec votre boîte à outils prête à l’emploi.
Les formateurs ACANT sur ce module ne sont pas des gestionnaires classiques. Ce sont des facilitateurs, des experts en Tiers-Lieux ou des bibliothécaires qui ont transformé leur établissement en « maison commune ».
Leur posture est celle du jardinier :
Humbles : Ils vous apprendront à dire « Je ne sais pas, on va décider ensemble ». C’est la phrase la plus difficile et la plus puissante pour un expert.
Techniques : La participation demande un cadre rigoureux. Ils vous donneront les méthodes d’animation (chapeaux de Bono, vote pondéré) pour que les réunions participatives soient productives et non des bavardages stériles.
Francs : Ils vous alerteront sur les dérives (la confiscation de la parole par quelques-uns, le noyau dur qui exclut les autres) et vous donneront les clés pour réguler ces dynamiques de groupe.
C’est le cœur du sujet. Dans la consultation, vous demandez un avis, mais vous gardez le pouvoir de décision final (ex : « Quelle couleur préférez-vous ? »). Dans la co-construction, vous partagez le pouvoir de décision et de mise en œuvre (ex : « Voici un budget de 1000 €, décidez ensemble quels livres on achète et organisez la commande »). La méthode ACANT vise à vous faire glisser progressivement vers la co-construction.
C’est la peur légitime. La réponse est non : votre expertise se déplace. Vous n’êtes plus le seul « sachant » qui choisit les livres, vous devenez l’expert qui organise le choix, qui garantit le pluralisme et qui forme les usagers aux outils de recherche. Vous passez d’un rôle de prescripteur solitaire à un rôle de médiateur et d’animateur de communauté. C’est une montée en compétence, pas une régression.
Le participatif attire souvent les « habitués » (CSP+, retraités culturels). Pour éviter l’entre-soi, il faut aller chercher les invisibles. Nous utilisons des méthodes de « design de service » : aller interviewer les gens dans la rue, créer des prototypes hors les murs. L’enjeu est de proposer des formes de participation « micro » et fun (un vote avec des jetons, un sticker à coller) qui ne demandent pas de venir à une réunion de 2 heures un mardi soir.
Oui, mais cela demande de la clarté. Un bénévole ou un usager participant ne remplace pas un agent public (pas de lien de subordination, pas de tâches régaliennes). La formation aborde le cadre juridique (Charte du bénévole, assurance, convention) pour sécuriser l’institution. On peut déléguer l’animation d’un atelier tricot, mais pas la responsabilité de la sécurité du bâtiment.
Toutes nos formations Art Thinking et Ingénierie Culturelle sont disponibles en présentiel ou distanciel pour nos partenaires francophones (Suisse, Belgique, Luxembourg, Maroc ….).