Une bibliothèque sans presse vivante est une bibliothèque sourde au monde. Cessez de gérer vos magazines comme du papier jetable : apprenez à bâtir une collection pluraliste qui invite au décryptage de l’information et à la citoyenneté.
Public concerné
Bénévoles et personnel des bibliothèques
Prérequis
Aucun prérequis
Apport théorique, exercices pratiques avec mise en situation, échange et débat avec les formateur.trices
L’espace presse est souvent le parent pauvre de la politique documentaire avec des coûts d’acquisition élevés. On y trouve pêle-mêle des quotidiens froissés, des magazines de jardinage vieux de six mois et des revues spécialisées coûteuses que personne ne lit. La gestion y est chronophage (le fameux « bulletinage » quotidien) pour un résultat souvent décevant en termes d’image.
L’erreur est de considérer la presse comme un produit de consommation immédiate et périssable, sans véritable stratégie. Pourtant, à l’heure des Fake News et de l’information en continu sur les réseaux sociaux, la bibliothèque a un rôle crucial à jouer. Si elle n’offre pas une diversité de titres (opinions contradictoires, presse d’investigation, presse indépendante), elle faillit à sa mission de formation de l’esprit critique. Un fonds presse mal géré, c’est une opportunité manquée de connecter l’usager à la cité.
Chez ACANT, nous traitons la presse avec la même noblesse que le livre. C’est un fonds vivant qui demande réactivité et équilibre.
Analyser (L’Équilibre politique et thématique) : Votre kiosque est-il neutre ? Analyser, c’est oser l’audit de pluralisme. Avez-vous autant de titres de gauche que de droite ? La presse locale est-elle surreprésentée au détriment de la presse internationale ? Nous analysons vos abonnements pour identifier les angles morts (sciences, économie, jeunesse) et les doublons inutiles.
Expérimenter (L’Hybridation Papier / Numérique) : Faut-il tout basculer sur tablette ? Surtout pas. Nous expérimentons la complémentarité. Le papier pour le confort, le feuilletage et la sérendipité (tomber sur un article par hasard). Le numérique pour l’exhaustivité et l’archivage. Nous testons des dispositifs de valorisation : « La revue de presse de la semaine », l’affichage des Unes marquantes pour interpeller le visiteur.
Pérenniser (La Gestion rationalisée) : Le circuit du périodique est lourd. Pérenniser, c’est simplifier. Faut-il vraiment équiper tous les magazines avec du plastique ? Faut-il tout conserver ? Nous vous aidons à définir des règles de conservation claires (garder 3 mois, 1 an ou archiver) pour éviter que vos réserves ne débordent de vieux papiers jaunis.
Gérer la presse, c’est faire des choix budgétaires et spatiaux. Notre pédagogie 60 % pratique / 40 % théorie vous pousse à l’arbitrage :
Le « Crash Test » du Pluralisme : Vous analyserez une liste d’abonnements anonymisée. Votre mission : repérer les biais idéologiques ou thématiques. Vous apprendrez à justifier l’achat d’un titre polémique (comme Valeurs Actuelles ou L’Humanité) au nom de la représentativité du débat démocratique.
Scénario de Budget contraint : « On vous coupe 20 % du budget presse ». Quels titres supprimez-vous ? Les plus chers ? Les moins lus ? Les doublons ? Vous apprendrez à faire des choix douloureux mais stratégiques en vous basant sur des critères objectifs (coût au numéro, taux de rotation).
Atelier « Mise en espace » : Comment présenter les revues pour qu’elles soient vues ? À plat ? En casier ? Nous travaillons sur le merchandising du coin presse : fauteuils, lumière, tables basses. L’objectif est de créer un « effet lounge » qui invite à la pause lecture.
Les formateurs ACANT sur ce module sont des bibliothécaires documentalistes, des journalistes ou des spécialistes des médias.
Leur posture est celle du rédacteur en chef :
Curieux : Ils connaissent le paysage de la presse française et ses mutations (concentrations, indépendance). Ils vous feront découvrir des titres de la presse « mook » (revues-livres comme XXI ou 6Mois) qui cartonnent en bibliothèque.
Technophiles : Ils maîtrisent les agrégateurs de presse en ligne (Cafeyn, PressReader, Europresse). Ils vous expliqueront comment vendre ces services immatériels à vos usagers souvent perdus.
Pratiques : Ils connaissent la galère du bulletinage qui prend 2 heures chaque matin. Ils vous donneront des astuces pour alléger ce travail administratif sans perdre le suivi.
Non, car l’usage n’est pas le même. La presse papier en bibliothèque répond à un besoin de déconnexion et de convivialité (lire le journal le matin avec d’autres). Le numérique répond à un besoin de recherche et d’accès à distance. Les deux offres sont complémentaires. Supprimer le papier serait une erreur sociale majeure, notamment pour les seniors et les publics précaires.
C’est le lot quotidien du fonds presse (produit fragile et convoité). La méthode ACANT est pragmatique : ne sur-sécurisez pas. Mettre des antivols partout coûte plus cher que le magazine lui-même et freine l’usage. Considérez la « démarque inconnue » (le vol) et l’usure comme faisant partie du coût de fonctionnement de ce service très populaire. Pour les mots croisés, une astuce simple : photocopiez la grille et laissez-la en libre-service à côté !
C’est souvent mal vu (« ce n’est pas culturel »). Pourtant, c’est souvent ce qui est le plus lu. La position d’ACANT est celle de la bibliothèque « tiers-lieu » : si cela fait venir des gens qui ne viendraient pas autrement, c’est utile. La presse people a sa place comme outil de détente, tant qu’elle n’aspire pas tout le budget au détriment des titres de fond.
Un cauchemar logistique pour les bibliothécaires jeunesse ! Faut-il garder le jouet ? Le prêter ? Le jeter ? Nous recommandons souvent de dissocier : le magazine va en rayon, le « gadget » (souvent fragile et inadapté au prêt) sert de lot pour des animations ou est donné. L’important est de définir une règle constante pour ne pas gérer au cas par cas.
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