
La bibliothèque n’est pas une salle de classe bis, et vous n’êtes pas des instituteurs suppléants. Cessez de subir le « défilé » des élèves : réinventez votre posture pour offrir ce que l’école ne peut pas toujours donner : la liberté de choix, l’autonomie et le plaisir gratuit de lire.
Public concerné
Bénévoles et personnel des bibliothèques
Prérequis
Aucun prérequis
Apport théorique, exercices pratiques avec mise en situation, échange et débat avec le formateur ou la formatrice
La réalité du terrain est souvent éprouvante pour les équipes : le planning des accueils de classes ressemble à une usine. Les groupes s’enchaînent toutes les heures, l’instituteur considère parfois ce temps comme une « pause », et le bibliothécaire a le sentiment de répéter la même animation en boucle face à des élèves parfois dissipés ou contraints. Le risque est grand de tomber dans une posture disciplinaire (« Chut ! », « Ne cours pas ! ») qui renforce l’image de la bibliothèque comme un lieu d’interdits, une simple extension de l’école.
L’erreur est de subir la demande scolaire sans imposer sa spécificité. Si l’accueil de classe ne sert qu’à emprunter des livres que l’enfant n’ouvrira pas, c’est un échec. Le défi est de transformer cette obligation scolaire en désir personnel, pour que l’élève ait envie de revenir seul le mercredi.
Chez ACANT, nous militons pour un changement de paradigme : passer de l’accueil de consommation à l’accueil de projet.
Analyser (Le Contrat de Partenariat) : Tout se joue avant l’arrivée des élèves. Analyser, c’est redéfinir la relation avec l’enseignant. Vous n’êtes pas un prestataire, vous êtes un partenaire culturel. Nous vous apprenons à mener l’entretien préalable : quels sont les objectifs de l’enseignant ? Quel est votre objectif (autonomie, découverte) ? C’est le moment de dire non aux demandes impossibles (« Faites-leur un cours sur la classification Dewey en 30 minutes ») pour proposer mieux.
Expérimenter (L’Animation Participative) : Fini le cours magistral. Nous expérimentons la pédagogie active. L’élève doit être acteur. Chasse au trésor pour découvrir les rayons, « Speed-booking » pour présenter des livres, débats mouvants. Nous testons des formats où le bibliothécaire est un facilitateur qui met l’enfant en contact direct avec le livre, plutôt qu’un conférencier.
Pérenniser (La Ritualisation) : Pour qu’un accueil marque, il doit être rythmé. Pérenniser, c’est structurer la séance. Un temps d’accueil (sas de décompression), un temps d’animation, un temps de lecture libre (le plus important !) et un temps de clôture. Nous vous aidons à créer ces rituels qui sécurisent l’enfant et calment le groupe naturellement.
Gérer une classe demande de l’énergie et des techniques d’animation. Notre pédagogie 60 % pratique / 40 % théorie vous met en situation :
Simulation « L’Instituteur Passif » : Jeu de rôle. Vous recevez un enseignant qui s’assoit au fond et corrige ses copies pendant que vous gérez sa classe. Comment le réintégrer dans l’animation avec diplomatie ? Nous travaillons les phrases clés pour mobiliser l’adulte accompagnateur sans créer de conflit.
La « Boîte à Outils » Animation : Vous ne repartirez pas les mains vides. Vous pratiquerez 5 techniques d’animation « brise-glace » qui fonctionnent à tous les coups (le livre mystère, la lecture à deux voix, le jeu des couvertures). L’objectif est d’avoir un répertoire varié pour ne plus vous lasser vous-même.
Gestion de l’espace et du bruit : Comment asseoir les enfants ? En cercle ? En gradins ? Comment faire baisser le niveau sonore sans crier ? Nous travaillons sur la posture physique, la voix et le regard pour tenir un groupe par la présence.
Les formateurs ACANT sur ce module sont des bibliothécaires jeunesse qui ont accueilli des milliers de classes ou des conseillers pédagogiques.
Leur posture est celle du médiateur complice :
Réalistes : Ils connaissent la fatigue des accueils à la chaîne. Ils vous donneront des astuces pour économiser votre voix et votre énergie.
Pédagogues : Ils maîtrisent les programmes de l’Éducation Nationale. Ils vous aideront à parler le même langage que les enseignants (socle commun, EAC) pour mieux légitimer vos actions.
Créatifs : Ils vous montreront comment rendre sexy même une visite de découverte des rayons (souvent ennuyeuse) en la transformant en enquête policière.
C’est contraire à l’esprit de la bibliothèque (lieu de loisir et de gratuité). La méthode ACANT vous apprend à refuser poliment mais fermement ce rôle d’évaluateur. La bibliothèque est un espace de « respiration » sans enjeu de note. Expliquez à l’enseignant que l’évaluation tue le plaisir de lire, qui est votre objectif commun à long terme.
C’est le défi classique. Ne les forcez pas à lire un roman. Proposez-leur des BD, des magazines, des livres-jeux (« Où est Charlie »), ou même de ne rien faire (droit de ne pas lire de Pennac). Souvent, en les laissant tranquilles avec un document visuel, la curiosité l’emporte. L’accueil de classe doit aussi permettre de légitimer les « mauvais genres » pour raccrocher ces lecteurs.
Non, pas systématiquement, surtout avec les plus grands (CM1-CM2). Variez les plaisirs : raconter une histoire sans livre (conte), faire écouter un livre audio, ou faire lire les élèves eux-mêmes à voix haute pour les autres. La lecture offerte est un cadeau précieux, mais elle ne doit pas devenir une routine mécanique.
L’agitation vient souvent d’un manque de cadre ou d’un trop-plein d’énergie physique. Ne criez pas (cela ajoute du bruit au bruit). Utilisez des signaux visuels (le bras levé pour le silence), baissez votre voix pour qu’ils tendent l’oreille, ou faites une rupture de rythme (un petit exercice de respiration ou de mouvement). La formation aborde ces techniques de retour au calme.
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