
Une visite à distance n’est pas une visite physique filmée avec un téléphone qui tremble. C’est une émission culturelle en direct. Apprenez à scénariser, à cadrer et à interagir pour briser l’écran et toucher des publics du monde entier.
Public concerné
Personnel ou bénévoles des musées
Prérequis
Aucun prérequis
Formation éligible aux financements OPCO (Qualiopi).
Apport théorique, exercices pratiques avec mise en situation, échange et débat avec le formateur ou la formatrice
Le constat post-confinement est mitigé : beaucoup de musées ont tenté la visite à distance, mais le résultat est souvent déceptif. Le médiateur déambule avec une tablette à bout de bras, l’image est instable (donne le mal de mer), le son résonne dans la salle vide, et le discours est un copier-coller de la visite guidée classique d’une heure. Côté spectateur, c’est la passivité totale. L’attention décroche au bout de 10 minutes, on consulte ses mails dans un autre onglet.
L’erreur est de vouloir transposer le réel sans l’adapter. Le numérique ne supporte pas les temps morts ni les discours fleuves. C’est un média froid qu’il faut réchauffer par une énergie spécifique et une technique irréprochable. Si vous ne maîtrisez pas les codes du live streaming, vous ne faites pas de la médiation, vous faites de la surveillance de salle à distance.
Chez ACANT, nous abordons la médiation à distance comme de la réalisation audiovisuelle en temps réel.
Analyser (La Grammaire de l’écran) : On ne regarde pas une œuvre sur un écran de 15 pouces comme on la regarde en vrai. Analyser, c’est comprendre le cadrage. Faut-il montrer le détail ou l’ensemble ? Comment gérer le contre-jour ? Nous analysons votre matériel (smartphone, stabilisateur, micro-cravate) pour optimiser la qualité technique, prérequis indispensable à l’écoute.
Expérimenter (L’Interactivité radicale) : Pour garder le public, il faut le faire cliquer. Nous expérimentons les outils d’engagement. Sondages en direct (« Selon vous, qui est le coupable dans ce tableau ? »), nuages de mots, usage intensif du chat pour les questions/réponses. Nous testons le rythme : des séquences courtes (5-7 min) alternant parole, vidéo pré-enregistrée et questions.
Pérenniser (Le Modèle Hybride) : Le distanciel n’est pas l’ennemi du présentiel. Pérenniser, c’est intégrer cette offre durablement. Comment vendre ces visites aux écoles lointaines ou aux entreprises ? Comment créer des formats « Teaser » qui donnent envie de venir voir l’œuvre « en vrai » ? Nous construisons une stratégie où le numérique devient un produit d’appel et d’accessibilité.
Oubliez la théorie de l’art, place à la technique de direct. Notre pédagogie 60 % pratique / 40 % théorie vous met face caméra :
Atelier « Stabilisateur & Cadrage » : Vous apprendrez à marcher avec un stabilisateur (gimbal) sans à-coups (la fameuse « marche ninja »). Vous travaillerez les mouvements de caméra : panoramique lent, zoom avant physique, travelling. L’image doit être fluide comme au cinéma.
Le « Direct en duo » : Animer seul est épuisant (lire le chat + filmer + parler). Nous vous formons à la technique du binôme : un médiateur en salle (qui filme et parle) et un modérateur en régie (qui gère le chat, lance les sondages et répond aux problèmes techniques).
Scénarisation d’une séquence : Vous transformerez une analyse d’œuvre de 15 minutes en une séquence punchy de 5 minutes. Vous apprendrez à écrire pour l’oralité numérique : phrases courtes, interpellation directe du public (« Regardez bien ce coin… »), suspense.
Les formateurs ACANT sur ce module sont des e-médiateurs, des vidéastes culturels ou des journalistes TV habitués au direct.
Leur posture est celle du showrunner :
Techniciens : Ils savent pourquoi le son coupe ou pourquoi l’image est pixelisée. Ils vous donneront la liste du matériel fiable à petit prix (micro HF, routeur 4G, lumière d’appoint).
Énergiques : Ils vous apprendront à projeter votre voix et votre regard à travers l’objectif. L’énergie à distance doit être 20% supérieure à la normale pour « traverser » l’écran.
Agiles : Ils savent gérer les aléas du direct (perte de connexion, troll dans le chat). Ils vous donneront les procédures de secours pour ne jamais paniquer en live.
2 jours
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C'est la peur n°1. Toutes les études prouvent le contraire. Le virtuel agit comme un teaser puissant. Voir la Joconde en pixel donne envie de la voir en vrai. De plus, la visite à distance touche des publics qui ne seraient jamais venus (internationaux, personnes hospitalisées, scolaires hors département). C'est un public additionnel, pas substituable.
Pas besoin d'une régie télé. Un bon smartphone récent (bonne optique), un stabilisateur motorisé (type DJI Osmo), un micro-cravate sans fil (indispensable, le son est plus important que l'image !) et une bonne connexion Wi-Fi ou 4G suffisent pour un rendu professionnel. Le coût matériel de démarrage est inférieur à 500 €.
L'attention d'une classe devant un écran est volatile. La clé est la gamification. Ne faites pas un cours magistral. Transformez la visite en enquête. Demandez-leur de dessiner ce qu'ils voient, de voter, de deviner. L'enseignant en classe devient votre relais pour gérer la discipline et faire remonter les questions.
Oui, et c'est même recommandé pour valoriser le travail. Si pour le grand public la gratuité est souvent la norme (sur Facebook Live par exemple), pour les groupes constitués (CE, classes, associations), une tarification forfaitaire est légitime. C'est une véritable prestation de service qui mobilise du personnel qualifié et du matériel.
Toutes nos formations Art Thinking et Ingénierie Culturelle sont disponibles en présentiel ou distanciel pour nos partenaires francophones (Suisse, Belgique, Luxembourg, Maroc ….).